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Mathieu Kassovitz balance sur Tenet et Interstellar de Christopher Nolan

A l’occasion des 25 ans de La Haine, Mathieu Kassovitz se prête au jeu du Video Club de Konbini dans une interview passionnante. Et le réalisateur ne mâche pas ses mots sur l’état du cinéma d’aujourd’hui.

 

Cinéma Français

 

Tenet de Christopher Nolan se prend quelques taquets tout comme Interstellar, Ad Astra de James Gray (“C’est des films dont on devrait se souvenir… ils me passent totalement à côté… Tu les vois, tu te dis c’est quoi. 10 minutes après t’en sors et tu as oublié. Tu ne sais plus de quoi cela parle“), Mad Max Fury Road de George Miller, Gemini Man d’Ang Lee (“c’est nul à chier“), tandis qu’il clame son admiration entre autre pour Steven Spielberg, David Fincher (Seven, Fight Club), Michel Gondry, plébiscite Evil Dead de Sam Raimi et Le Dernier Combat de Luc Besson (“les deux films qui m’ont donné envie de faire du cinéma“), Gaspard Noé, Matrix, Scorsese “Mean Streets c’est la base“)…

 

Kassovitz regrette le trop plein de CGI et le le manque de vraie cinéma. Extraits d’une discussion passionnante à regarder intégralement sur le youtube de Konbini.

 

Tous les films que tu voies aujourd’hui sont parfaits.  Les Marvel mais aussi les petits films. Parce qu’ils sont passés à l’éponge du digital. Munich de Steven Spielberg (dans lequel il joue -nrd) a été tourné et monté en pellicule. Pas de CGI dans le film, par rapport au sujet et à son travail de réalisateur, Spielberg a tourné en pellicule comme s’il tournait dans les années 80. Ca je comprends. C’est une philosophie. Mais tourner en pellicule pour faire Tenet, un film qui est ensuite 90% de digital, je ne vois pas l’intérêt….”

 

Tenet

 

C’est des films dont on devrait se souvenir, qui devraient nous marquer et rester avec nous. Moi ils me passent totalement à côté, Il y a peut-être des gens qu’ils marquent vraiment…Ad Astra, c’est comme Interstellar. Tu les vois, tu te dis c’est quoi. 10 minutes après, t’en sors et tu as oublié. Tu ne sais plus de quoi cela parle, tu ne comprends plus rien. Ce n’est pas la qualité des films encore une fois que je déplore. Ces réalisateurs sont de super réalisateurs. Mais à mon époque, quand un film comme cela sortait, c’était un évènement. Il n’y avait que ce film là qui sortait, il n’y en avait pas d’autres. Que cela soit le Star Wars, Superman, on voyait des choses que l’on avait jamais vu au cinéma. Et on se demandait comment c’était possible…. C’était un évènement…. Tu découvrais quelque chose que tu n’avais jamais vu avant et rien n’était faux. Mais comment ils ont fait ? Aujourd’hui tout est possible en numérique et tu ne peux plus rêver. C’est ça mon problème..

C’est fini les beaux plans de cinéma. On ne sait plus ce que c’est un beau plan. On ne peut plus juger ce qui est un vrai plan et un plan à moitié digital. A l’époque, le digital n’existait pas, on était obligé de croire ce que l’on voyait.”

 

Des films comme 1917 qui est un plan séquence aurait été impossible à faire à une époque où il n’y avait pas de digital. On ne sait pas très bien ce que l’on voit. On ne sait pas très bien ce qui est à l’image, si les explosions sont vraies… L’exemple parfait est le dernier Mad Max que je n’ai pas pu regarder plus de 20 minutes. Je suis parti en courant… Mais après j’ai vu le making-of qui est absolument génial. Et tu te dis “mais s’il avait gardé le film comme celà, s’il n’avait pas mis ces putains de tempête de sable improbable, numérique qui ne sert à rien…”. Ils auraient dû garder le film tel quel, juste enlever les cables et indiquer en dessous il n’y a pas de CGI. Pour que l’on ait peur. Que l’on puisse avoir une vraie relation avec les mecs qui conduisent les voitures et se dirent “mais comment ils ont fait pour s’en sortir ?”. Et voir le travail des gens sur le terrain.”

 


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